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MARGUERITE - Connaître l’expérience optimale ou flow : une source de bonheur

A la recherche du FLOW : l'expérience optimale

En automne, le moral est parfois un peu en berne et j’ai décidé de vous parler de l’expérience optimale ou le flow in english ! Chaque fois que je vous écris, je ressens le flow alors je me dis que je suis la vache la plus chanceuse de la terre et je suis heureuse… Un grand merci d’être là !

« Quand il est sur son jeu, il est dans son monde, plus rien n’a d’importance ». Avez-vous déjà dit ou entendu cette phrase ? Les jeux vidéo tentent d’amener les joueurs dans un état de flow ou dans l’expérience optimale. Heureusement, dans la vraie vie, il est possible de vivre le flow au quotidien, dans son travail ou dans ses activités de loisirs. Le sport et la pratique d’un instrument de musique ou les échecs peuvent aisément faire découvrir cet état… Mais pour vous, c’est quoi ?

UN BRIN DE THEORIE

Ce concept de flow ou expérience optimale a été décrit pour la première fois par Mihály  Csíkszentmihályi, (c’est bingo au scrabble, ce nom !) un professeur et chercheur en psychologie. D’après Mihály (on va l’appeler par son petit nom !), plus on vit ce type d’expérience optimale dans sa vie, plus on a une sensation de bonheur… J’ai tout de suite pensé à Dragon et aux expériences que nous partageons. J’ai vite compris que pour Dragon (mon bel amoureux) et moi, c’est une histoire de plaisir immédiat et pas une expérience optimale (quoique !). Alors quelles sont les caractéristiques d’une expérience optimale qu’il faut rechercher :


1. Les objectifs sont clairement définis

Les objectifs de l’action sont clairs et engageants (se reproduire, c’est vital, non ?).
On connaît l’objectif global mais aussi les étapes pour y parvenir (je vous passe les étapes de
mon exemple mais je sais que vous les connaissez…)


2. Le retour d’informations est direct et immédiat

Pour être dans le flow, il est indispensable de savoir si ce qu’on fait nous rapproche ou nous éloigne de l’objectif qu’on s’est fixé. (Si Dragon se prend un coup de patte, c’est qu’il s’éloigne de l’objectif…).

Ce retour d’information permet de repérer immédiatement les réussites ou les échecs et d’ajuster ses actions en fonction. On reste ainsi focalisé sur l’activité (Essaie encore Dragon, concentre-toi sur l’objectif). Être privé de ce retour induirait rapidement une perte d’intérêt pour l’activité… C’est le principe du signal GPS : le GPS nous dit où vous en êtes par rapport à la destination choisie, ce qui vous permet de réajuster quand vous vous trompez de route…


3. Équilibre entre la difficulté de l’activité et les compétences de l’acteur


Pour que l’activité soit stimulante, il est important que ce qu’on doit faire soit en équilibre avec ce qu’on est capable de faire. Si c’est trop facile, on s’ennuie et si c’est trop difficile on se décourage.
Malgré sa grande expérience des choses de l’amour, je reste un challenge suffisamment intéressant pour mon Dragon… C’est la même chose avec un salarié : s’il est surqualifié pour un poste, il va vite s’ennuyer et s’il est sous-qualifié, il pourra se décourager.


4. Hyper-concentration


Quand ces 3 conditions sont réunies, la personne qui vit le flow atteint un niveau de concentration au-dessus de la moyenne. Elle est entièrement absorbée par son activité donc extrêmement efficace (c’est bon ça, Dragon !). Elle ne pense pas à ses problèmes ou à ce qu’elle a à faire plus tard. Elle est ici et maintenant en harmonie avec elle-même, toute son énergie orientée vers ce qu’elle fait.


5. Les frustrations de la vie quotidienne s’effacent


Vous l’avez compris, dans cet état, tout ce qui vous pollue la vie habituellement est effacé temporairement de notre attention. Quel soulagement ! Plus de rumination mentale : enfin libéré de
vos chaînes temporairement. C’est une forme d’évasion constructive contrairement à l’évasion destructive vécue par l’usage des drogues ou de l’alcool…


6. Sensation de contrôle de soi et de l’environnement


Quand vous vivez cette expérience optimale, vous avez l’impression d’être capable de contrôler votre vie pas entièrement mais on se sent à la frontière où l’on sait qu’avec de l’entraînement, on arrive de mieux en mieux à contrôler les choses.


7. Perte du sentiment de la conscience de soi

Pendant cette expérience, le jugement des autres, votre apparence, tous ces sentiments d’insécurité que génère le regard des autres sur vous disparaissent temporairement. Vous ne vous souciez plus de vous, vous lâchez prise pour vivre pleinement l’expérience.
Après coup, la fierté d’avoir dépassé vos limites et d’avoir atteint l’objectif améliore très nettement votre estime de vous. (Je crois que je vais arrêter de vous parler de mon expérience optimale avec Dragon parce que ça devient trop intime mais je vous laisse faire le lien tout seul…


8. Distorsion de la perception du temps


Enfin, comme dirait Albert Einstein, « Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez-vous auprès d’une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C’est ça la relativité. ». On note que le flow modifie notre perception du temps. On peut avoir l’impression que les heures sont condensées en minutes ou inversement qu’une seconde de plaisir intense s’étend sur plusieurs minutes (ooooohhhhh Marguerite calme-toi).


Par exemple, vous commencez à travailler et quand vous reprenez conscience du temps, il fait nuit. On peut dire que le temps s’adapte à l’expérience, alors que d’habitude on pense le contraire. Le temps n’est plus une contrainte où l’on doit ranger chaque moment de notre vie dans les diverses parties qui le composent. Le temps s’adapte à la façon dont on ressent les choses.


Ça fait rêver, non ? C’est ce qu’essaient de créer les jeux vidéo et ce qui les rend tellement addictifs… Mais trouvez une activité dans le monde réel qui vous fait vivre cela, pour peu que ce soit dans votre activité professionnelle, et le bonheur n’est pas loin… Moi, en dehors du beau Dragon, seul vous écrire me procure ce genre d’expérience…
Alors qu’est-ce qui vous fait vivre cette expérience optimale ?



EXERCICES PRATIQUES

7 à 8 fois par jour, mettez à sonner votre téléphone de manière aléatoire et notez à chaque fois ce que vous faites (quelle activité), votre état émotionnel (apathie, ennui, relaxation (détente), contrôle, flow, éveil (excitation), anxiété, inquiétude),le niveau de compétences que vous avez pour traiter la tâche et le défi ou niveau de difficulté que ça représente pour vous.

Au bout d’une semaine, reportez tous vos relevés dans le graphique ci-dessus. Une croix par sonnerie : quel niveau de compétences (de faible à élevé) ? Quel niveau de défi pour vous ?



APRÈS, ÇA DEMANDE UNE PETITE ANALYSE…


Si vous êtes la plupart du temps dans l’inquiétude ou l’anxiété, posez-vous la question de la formation pour améliorer vos compétences et vous rapprocher du flow.
Si vous êtes trop souvent dans l’ennui, la détente ou l’apathie, posez-vous la question suivante : comment mettre du défi dans cette activité ?


Transformez-vous en détective pour trouver votre zone de flow dans les activités professionnelles autant que personnelles…

Vous pouvez aussi poser cette question-là pour votre salarié : comment pourrais-je le challenger sans le mettre en zone d’anxiété ? Observez, questionnez, essayez !
Mais je vous rappelle : objectifs clairs et engageants, retours immédiats et précis, challenge mais pas trop, concentration…
Un vrai challenge pour un manager !

UN EXEMPLE POUR COMPRENDRE :

Il suffit de regarder un enfant jouer pour comprendre le flow : Alix, la petite voisine de Gégé, jouait l’autre jour dans un tas de sable près de la ferme. Elle était magnifique avec son nez qui coulait, ses cheveux en bataille et son teeshirt tout tâché. Elle ne se souciait pas de ça… Même la pluie qui est venue la mouiller en milieu de journée ne l’aurait pas sorti de l’intense concentration et sérieux avec lesquels elle s’impliquait dans la construction de son monde de sable si sa maman, prévenante, n’avait pas cherché à la faire rentrer contre un goûter…
Elle savait apparemment exactement ce qu’elle voulait faire et ce dont elle avait besoin pour le faire. Elle ne choisissait pas la facilité des éléments de moulage tout fait et s’ingéniait à utiliser d’autres outils moins évidents. Sa petite langue qui sortait de sa bouche attestait de sa totale implication dans ce château fort habité de princesses et d’animaux fantastiques. Durant plus de 2 heures, elle a joué dur !
Elle qui habituellement ne supporte pas sa casquette et réclame à manger toutes les heures à sa mère ne s’est pas souciée de ces considérations matérielles. (Je crois même qu’elle a fait pipi dans sa culotte mais ça reste entre nous !).
Ce que j’ai adoré, c’est la fierté qui l’habitait devant le résultat final : la saine fierté de celle qui a dépassé ses limites…
Le flow quoi ! Et moi pendant ce temps, j’en ai même oublié de ruminer !


Dicton de Marguerite :

"Je travaille avec le sérieux d’un enfant qui joue…"
                                                      Damien LUCE